17 avr. 2020

Vis ma vie d'autrice confinée 10

Aujourd'hui, j'ai voulu envoyer une lettre en recommandé par la poste-internet (pour mettre en demeure le réparateur-arnaqueur de ma chaudière... lettre très importante, donc). 
Première fois que j'utilise ce service, et dans ma précipitation (mon étourderie, ma bêtise, mon manque d'intelligence, mon...) je me suis emmêlée les pinceaux entre mon adresse pour ouvrir un compte sur le site de la Poste, l'adresse de destinataire et l'adresse d'expéditeur... Et en fait, je me suis envoyé le recommandé à moi-même, mais avec l'adresse du destinataire, depuis l'adresse de celui à qui je veux l'envoyer...😵🤪
Vous suivez ?
🤪🤪

Prise de panique à la lecture du mail récapitulatif (surréaliste), je cherche en urgence le formulaire de réclamation sur le site de la poste, le trouve après 20 minutes de recherche et tente de m'expliquer (pas simple), demandant s'il est possible d'annuler mon envoi (qui n'est peut-être pas envoyé, finalement, vu le bordel dans les adresses). Un robot me répond "pour que votre demande soit validée, merci de la décrire". Ce que je viens de faire. Mais visiblement, il n'a pas compris (moi non plus, d'ailleurs).

Au final, un conseiller va me contacter, et dans l'optique d'être la plus claire et de ne pas passer pour une cruche, je suis en train de détailler chronologiquement sur une feuille ce qu'il s'est passé, mais j'y arrive pas très bien.
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Vu l'urgence de la situation (rapport au réparateur-arnaqueur qui nous a quand même enflé de 900 euros), j'ai envoyé un deuxième recommandé en lisant TOUTES les petites lignes (les grandes aussi) pour être sûre de ne plus me tromper. Une demi-heure. Mais je pense avoir réussi.
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Maintenant, il n'est pas dit que le premier n'ait pas réussi à partir.
S'il arrive à bon port, le filou en recevra deux.
Dont un qu'il s'est envoyé lui même en me l'adressant de sa part depuis son adresse à mon nom... ou quelque chose comme ça...





4 avr. 2020

Vis ma vie d'autrice confinée 9

La résilience


Pour mes enfants, être en confinement n'est pas leur première expérience. 

Quand elles vivaient en Haïti, toutes petites, elles ne sortaient jamais de leur orphelinat et vivaient entre ses murs. A la différence pres qu elles étaient des dizaines d'enfants confinés ensemble. A dormir à deux dans un lit, à jouer, manger, apprendre, grandir les uns contre les autres. Les uns sur les autres. Un confinement surpeuplé, en fait.

C'était un super orphelinat, les enfants étaient bien nourris, choyés par les nounous et les bénévoles, stimulés, aimés... mais c'était un orphelinat tout de même. C'était quatre hauts murs. C'était toujours les mêmes visages. Le même paysage au dessus des murs épais recouverts de barbelés. Et puis malgré toute l attention qu on leur portait, c'était surtout un confinement dans leur propre tête, sans une maman ou un papa la nuit pour apaiser leurs peurs, pour accompagner leurs maladies infantiles, pour soulager une douleur dentaire, pour chanter une chanson, faire un baiser d amour, pour veiller sur elles...

Chaque soir depuis le début du confinement, ma fille aînée ne trouve pas le sommeil et descend me voir, souvent tard. Je la fais rire avec des blagues à deux balles, elle se détend, remonte dans sa chambre, redescend...


Ma petite, elle, pleure chaque fois que le jour décroît. Tous les soirs.


Alors je pense à tous les enfants et les adolescents pour qui les rapports sociaux sont fondamentaux pour se construire. Pour une fois, je bénis leurs téléphones portables de leur permettre de maintenir un peu de ce lien.


Et puis je me dis aussi que mes poulettes que j aime plus que tout sur la terre ont un petit truc en plus, ou en moins... pour elles, ce confinement en réactive un autre : un confinement affectif qui forcement ravive une souffrance originelle...






Vis ma vie d'autrice confinée 8

Ecrire encore ? 


Je ne parviens plus du tout à écrire... 

D'une part parce que je passe un temps important à cuisiner, coudre (des masques), téléphoner à mes proches et à mes voisins qui vivent seuls, faire mes courses sur le net (une galère...), faire les devoirs avec mes filles...
Pour moi qui suis multitâches, j'aurais pu penser que cette multiplicité d'activités allait me combler... Ca empêche de s'ennuyer, c'est sûr !








Mais il y a aussi autre chose...
Ce sentiment dans ma tête, ce deuil collectif qui m'envahit, cette impression ambigue de fin d'un monde et de renaissance, d'individualisme et de solidarité...
Mes émotions font le yoyo, je passe en quelques secondes d'un optimisme dévorant à un pessimisme accablant.
Je me sens en pleine empathie avec la terre entière et en même temps j ai envie de me terrer seule avec les miens et ne plus penser à dehors...
Mon naturel joyeux prend souvent le dessus et je lui suis reconnaissante de m'accorder ces bouffées de bonheur qui ne sont pas qu'apparentes.
Est-ce une conscience aigüe de ce bonheur ou le venin du deuil de l'humanité qui s'insinue entre mes moments de tranquillité, qui provoquent mon attitude de survie ? 



Oui : protéger mes enfants et leur assurer un avenir, entrer en solidarité, nous nourrir... c est bien de notre survie qu'il s'agit. 

Et pour le moment, l'écriture n'en fait pas partie.