4 avr. 2020

Vis ma vie d'autrice confinée 9

La résilience


Pour mes enfants, être en confinement n'est pas leur première expérience. 

Quand elles vivaient en Haïti, toutes petites, elles ne sortaient jamais de leur orphelinat et vivaient entre ses murs. A la différence pres qu elles étaient des dizaines d'enfants confinés ensemble. A dormir à deux dans un lit, à jouer, manger, apprendre, grandir les uns contre les autres. Les uns sur les autres. Un confinement surpeuplé, en fait.

C'était un super orphelinat, les enfants étaient bien nourris, choyés par les nounous et les bénévoles, stimulés, aimés... mais c'était un orphelinat tout de même. C'était quatre hauts murs. C'était toujours les mêmes visages. Le même paysage au dessus des murs épais recouverts de barbelés. Et puis malgré toute l attention qu on leur portait, c'était surtout un confinement dans leur propre tête, sans une maman ou un papa la nuit pour apaiser leurs peurs, pour accompagner leurs maladies infantiles, pour soulager une douleur dentaire, pour chanter une chanson, faire un baiser d amour, pour veiller sur elles...

Chaque soir depuis le début du confinement, ma fille aînée ne trouve pas le sommeil et descend me voir, souvent tard. Je la fais rire avec des blagues à deux balles, elle se détend, remonte dans sa chambre, redescend...


Ma petite, elle, pleure chaque fois que le jour décroît. Tous les soirs.


Alors je pense à tous les enfants et les adolescents pour qui les rapports sociaux sont fondamentaux pour se construire. Pour une fois, je bénis leurs téléphones portables de leur permettre de maintenir un peu de ce lien.


Et puis je me dis aussi que mes poulettes que j aime plus que tout sur la terre ont un petit truc en plus, ou en moins... pour elles, ce confinement en réactive un autre : un confinement affectif qui forcement ravive une souffrance originelle...






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